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Recrues avaloniennes

Oct 03 alkemy_the_game  

Ben non, j’ai pas choisi d’entrer dans l’armée d’Avalon pour la gloire du royaume, ni pour la fierté de ma vieille mère… En fait, j’étais dans une auberge pour fêter mon anniversaire du Rameau et un gars très sympa m’a payé une tournée de fortnectar, puis une autre et ainsi de suite. Le lendemain, une fois dégrisé, j’ai appris que c’était un recruteur et que, complétement ivre, j’avais signé mon engagement.
– Ah, toi aussi ? Et comme moi, le prix des tournées a été retenu sur ta première solde ???

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Tout le monde en Avalon connaît les exploits des chevaliers ou l’efficacité légendaire des templiers. Ce sont de leurs aventures dont on fait les légendes et les histoires de taverne, les contes et les gloires familiales. Et pourtant, à part ceux qui ont la chance de ne jamais avoir connu la guerre, tout le monde sait que ce ne sont pas eux qui payent le plus lourd tribut à leurs belliqueux seigneurs. Ce sont les hommes du rang, simples soldats, qui meurent par dizaines pour s’assurer qu’un héros puisse arriver en vie jusqu’au lieu de ses futurs exploits ou en partir suffisamment vite pour que l’ennemi ne le rajoute pas à son tableau de chasse.
Mais rares sont ceux qui s’en soucient : leurs familles, peut-­être une jeune femme rencontrée dans un kastel ou un poste avancé, mais c’est bien tout.
Ils forment la majorité silencieuse des troupes d’Avalon. Certains d’entre eux ont choisi le métier des armes pour échapper à celui de leurs parents, d’autres n’ont pas eu cette liberté, mais tous font désormais partie d’une sorte de fraternité guerrière dont on devient membre non pas par la naissance ou par les terres, mais en survivant aux batailles, en apprenant à garder son calme au milieu de l’enfer, en courant pendant des jours, blessé, dans la boue. Toutes les recrues n’ont pas encore dans le regard cette espèce de sagesse désenchantée ou cette attitude qu’arborent les vétérans mais toutes veulent l’acquérir. Car elles le savent, elles ne pourront plus rentrer chez elles, où ne les attendent que l’ingratitude du peuple et l’incompréhension de ceux mêmes qu’elles protègent, ni même espérer un jour échapper à leur condition et rejoindre cette noblesse et ces religieux qui les méprisent tant. Elles sont désormais leur propre famille, et seules les personnes qui les entourent valent désormais le coup qu’on se batte pour elles.

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