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Wakpa Cepe, le Fleuve-­qui-­Pleure

Jul 10 alkemy_the_game  

Le confluent des eaux du Watosi à celles du Wakpa Cepe forme un immense lac recouvert de laitues aquatiques, les pistiae, qui lui ont donné son nom : Wahutka Ocu, lac des herbes d’eau. D’innombrables espèces d’oiseaux y vivent, nichent, et s’ébattent en toute quiétude car bien peu de prédateurs osent s’aventurer dans cette foule criarde d’échassiers, palmipèdes ou autres marcheurs d’eaux.
Au nord du lac, les eaux du Wakpa Cepe s’étirent très lentement à travers les plaines de Mako Sungwapa.
Sur la rive droite, s’étend la forêt de tosacans glutineux qui constitue un large bayou où il est impossible de circuler sans les canoës aurloks. Les tentaculaires racines aériennes se croisent en d’étonnants ponts végétaux qui permettent aux rares animaux arboricoles d’avoir un sol solide.
Ici, tout n’est que mousses, lianes, hydromycètes… Le passage que doit se frayer un canoë à travers les eaux vertes est aussitôt effacé et il est inconcevable d’espérer sortir de ce labyrinthe vert sans guide.

Les fonds vaseux encombrés de troncs cèdent parfois la place, grâce à quelque trouée dans la canopée, à quelques zones sableuses. Mais il serait dangereux de s’y fier, c’est en effet sur ces lits de sable que dorment les raies aux dards venimeux que les Aurloks nomment ogleze.

Cet univers liquide fait le bonheur des familles de kapaks dont les barrages sur les affluents du fleuve maintiennent le niveau des eaux. Au printemps toutefois, les pluies abondantes provoquent le débordement de ces retenues d’eau qui ont donné son nom au Wakpa Cepe, le fleuve-qui-pleure.

Cet inextricable entrelacs est régulièrement parcouru par les jeunes chasseurs des tribus qui arpentent Mako Sungwapa. La chasse à la pta, la loutre géante du fleuve, fait partie des traditions à tel point que des étrangers ont pu croire qu’il s’agissait d’un rite de passage pour les jeunes.
Cette chasse à mains nues permet aux Aurloks de montrer leurs qualités de nageur et de chasseur. Elle est également une source non négligeable de peaux d’excellente qualité, très demandées jusque dans les marchés cosmopolites des ports du canal de la Concorde.

Malheureusement pour eux, quelques inconscients un peu trop avides ont cherché à s’approvisionner directement en peaux. Ceux qui ont été assez habiles pour échapper aux dangers du bayou (reptiles ou batraciens venimeux, lianes-lassos, nuées de moustiques suceurs…) et en retrouver la sortie ont fini par succomber aux maladies, telle celle de la poitrine-en-fleur, que seule la pharmacopée des Walosi permet éventuellement de soigner.

En amont de la forêt-des-eaux, le fleuve creuse son lit dans les plaines calcaires où poussent les grandes prairies sauvages parcourues par les troupeaux d’aurochs.
Large source d’eau descendue des Atalvi Agleya, les montagnes du nord, le Wakpa Cepe est le lieu de rencontre des nombreuses tribus qui parcourent les plaines. C’est également l’axe de communication privilégié des Corbeaux de Nunoga.